Diagnostic
Solin de cheminée et souche en brique : point de fuite fréquent

La cheminée est une faiblesse inévitable du toit. Elle perce la couverture, elle interrompt l'écoulement régulier de l'eau, elle apporte une masse de brique d'un type différent au-dessus du bois structurant. Depuis des siècles, on essaie de rendre cette interruption étanche en posant un solin, une feuille de zinc qui fait la jonction. Depuis des siècles aussi, le solin se fissure, l'eau s'y glisse, et les propriétaires découvrent une fuite qu'ils croyaient impossible à localiser.
Anatomie du solin et des forces qui le détruisent
Un solin de cheminée se compose de plusieurs éléments. Une bavette amont qui recouvre les tuiles se chevauchant la souche, formant une pente pour que l'eau s'écoule vers le bas. Une bavette aval qui se pose sous les tuiles et laisse l'eau s'échapper latéralement. Et sur les côtés, des ailerons (appuyants) qui remontent le long de la brique et créent l'étanchéité en bordure.
Ce solin est fixé par des clous (qui font des trous potentiels) ou par un joint de scellement (qui se détériore avec le temps). Le solin lui-même est en zinc ou en tôle galvanisée, des matériaux durables mais pas éternels. Sous les variations de température, notamment le gel-dégel si vous êtes en altitude ou dans le nord, le zinc se contracte et se dilate. La brique elle-même se comporte différemment : elle absorbe l'eau, elle se dilate légèrement à l'humidité, elle se contracte à la sécheresse. Ces deux matériaux ont des coefficients de dilatation différents, créant une tension permanente aux points de contact.
Les points faibles de chaque solin
Le joint d'étanchéité entre le solin et la brique est le premier point fragile. Un mastic ou un joint silicone, même correctement appliqué au départ, se fissure et se détache avec les années. Les clous qui retiennent le solin sur les tuiles créent de petits trous et, même s'ils sont scellés, le temps et la corrosion les élargissent. Les ailerons latéraux, où le solin remonte sur la brique, sont en contact direct avec la porosité de la brique et c'est là que l'eau pénètre en priorité.

Si vous avez affaire à une souche ancienne, en brique foraine ou brique rose comme celles du Quercy, la situation s'aggrave. La brique ancienne est plus poreuse que la brique moderne. Elle absorbe l'eau plus rapidement, elle dégaze cette eau plus lentement, et elle crée des conditions idéales pour que le solin se dégradera prématurément.
Reconnaître une fuite au solin avant le pire
Depuis le grenier, après une pluie soutenue ou un arrosage de la toiture au tuyau (que vous pouvez faire pour tester), cherchez des traces d'eau autour de la souche de cheminée. L'eau qui s'infiltre par un solin défaillant arrive souvent en bas de la souche, auprès des chevrons et de la charpente. Elle peut aussi se manifester sur le mur intérieur de la cheminée elle-même, si celle-ci est traversante.
À l'extérieur, une inspection simple (avec prudence, sans monter sur le toit) vous révèle l'état du solin. Cherchez des zones de rouille qui colorent la brique, des joints noirs et moisissants, des fissures visibles dans le solin lui-même, ou des zones où le joint s'est complètement détaché. Un solin qui commence à se désunir de la brique va très vite devenir inutilisable.
Intervention et prévention
Un solin qui fuit demande une réparation rapide. C'est une intervention localisée : déclouage du solin, nettoyage complet de la surface de contact, réapplication d'un joint d'étanchéité approprié, et recloutage ou rescelage. Si le solin est gravement endommagé, il doit être remplacé entièrement.
La prévention passe par une inspection tous les deux à trois ans si votre cheminée est ancienne, et par une maintenance du joint qui vieillit. Ne jamais ignorer une fissure au solin : c'est la porte ouverte à une infiltration chronique qui affaiblit la charpente.


